jeudi 18 janvier 2018

UN PAYS DANS LA TÊTE





















À force de boire
pour noyer toute
comme à force d'abstinence
pour remettre "l'autre pays" *
dans ses claques
la langue devient seule
la langue devient celle
des paroles dans la tête
l'abstinence comme l'ivresse
se limitent à imiter
la seule personne
qu'on peut être.


                                         * L'expression est de Jean Coulombe.


Denis Samson © 2017


jeudi 11 janvier 2018

PARTANCES (2)





















Il faut savoir reverdir la grisaille
le froid soleil des arbres morts

il faut saisir la sève dans nos bouches
le feu au coeur de la braise

il faut chanter les partances
sur le chemin de l'horizon.



Jean Coulombe © 2018


dimanche 7 janvier 2018

DUO (souvenir)

... à Dan




















Le cendrier est plein à ras-bord
le piano s'endort
mais la musique a encore soif

le poète
peut enfin chanter faux
comme il lui plaît
sans que ça change grand-chose
à l'affaire

le jour attend que ça finisse
pour se lever

le gars qui fait le ménage
de la place
dit qu'il aime ça

il a l'air de le penser vraiment

reste à savoir de quoi il veut parler
exactement.

La répétition a confirmé
si besoin en était
la nécessité de beaucoup répéter encore...

Ou peut-être pas.


Denis Samson © 2017


mercredi 3 janvier 2018

MONTAGNE EN MAIN





















Me voici,
montagne en main
sur la fine ligne
qui traverse
la plaine des silences.

Tu as la braise tranquille
de celles qui chantent
la noire morsure
du crépuscule.

Nous voilà,
ivres de doutes
et de réconforts

quand le jour
range ses pinceaux.



Jean Coulombe © 2018


mardi 26 décembre 2017

«UNE VRAIE MALADIE!»

















Autopsie d'images
ayant perdu leur rigidité

rêves incendiés sorties de secours
condamnées d'avance
dialogues de sourds

souvenirs périmés
remâchés

écrire pour forcer des nerfs
à se taire

se servir de sa tête
pour reconstruire ces instants
qu'un corps de destruction
voudrait s'arracher du coeur.



Denis Samson © 2017


dimanche 17 décembre 2017

À CIEL OUVERT





















Être sur la terre, racines en tête
pour à jouer à cache cache
avec les soubresauts du soleil éventré.

Car les mots de ce ciel rauque
sont plus près qu'ils ne paraissent.

Poème à ciel ouvert.


Jean Coulombe © 2017



mardi 12 décembre 2017

PANDÉMIE





















Le silence consommé par le langage
des industries à message
l'endoctrinement se fait de l'intérieur
l'imagination sous contrôle
la pensée est un remède
trop souvent insuffisant
l'imaginaire social
a sa police des mots
la répression s'exerce
par la peur du manque
et le désir de masse
produit
par les grandes corporations
du libéralisme économique psychotique
du capitalismes génétiquement
transmissible
de la civilisation mondiale
des réseaux mutants.

Et j'écris
des poèmes...


Denis Samson © 2017