vendredi 28 octobre 2011

LE PLUS BEAU CADEAU





La première fois
où je suis tombé amoureux
j'ai mis un pissenlit
avec un peu d'eau
dans une bouteille de Perrier

ma mère m'a pris par la main
et je suis allé le porter
à la petite fille qui habitait
la grande maison en brique rouge
de l'autre côté de la rue

elle l'a regardé
comme si c'était un rat mort
puis est disparue à l'intérieur

je l'ai revue beaucoup plus tard
et j'ai compris
que c'est elle qui m'avait fait
le plus beau cadeau
ce jour-là


Alain Larose (c) 2011


mardi 25 octobre 2011

POÉSIE NATURE # 2



Bouffer du ciel à en perdre haleine


Jean Coulombe (c) 2011


dimanche 23 octobre 2011

LE ROYAUME DES CIEUX





J'ai cru vivre dans l'indulgence des dieux
mais le sourire méchant des croyants
m'a bientôt ramené sur terre
dans la brutalité des humains




mardi 18 octobre 2011

SOUS LE VENT





Où vont ces oiseaux,
curieux témoins
sous le vent?

Moi, je voudrais
recouvrer mes ailes
froides et futiles.


Où brillent ces lumières,
arrachées à la vie?

Où sonne cette chanson,
prise dans ma gorge?

Mon être infléchi au vide,
je méconnais ma fibre.

J'assassine mon volcan.


Jean Coulombe (c) 2011


dimanche 16 octobre 2011

PLUS QUE VIVRE






Ouvrir le soir bras au ciel
faucher les forêts les peurs
seul au parloir du destin
sans famille
sans patrie
aucune braise au foyer

le vent ricane noir
le ruisseau murmure froid
je m'ouvre au calme des jours

ton visage sous l'écorce
au coeur
à l'aubier
délicate musique
sourire apaisé
je prends mes bagages
au creux des ombres
poids léger d'une vie soufflée
au-dessus du destin

cette main que tu me tends
sans ornière
sans amertume
en chaleur
me doucit un paysage
gorgé de couleurs

je retrouve les mots de la nuit
ceux de la dernière flamme
celle qui vacille
celle qui étreint
celle qui grave la beauté ignée
du plus que vivre




jeudi 13 octobre 2011

PARTI LES YEUX DEVANT (2)





Souliers pourris et gerbes de cheveux
le feu au vent dans l'air à vif
avec ce cuir souvent ressuscité
avec ses déchirures
et ses insignes rouillés
je le vois encore qui marche
dans cette ville qui mouille
qu'il pleuve ou qu'elle fonde

la tête dans le velours
le vin tiré
au rivage des heures,
des pages de fumée
plein les poches,
je l'entends encore
nous chanter ces poèmes
d'une mémoire en résidence
comme l'écho humide
de cités naufragées.




mardi 11 octobre 2011

PARTI LES YEUX DEVANT (1)

... à J.-A.




La musique vient d'arrêter
et l'hôtel est à veille
de dormir.

Dans la chambre
au-dessus du bar
accroché à un clou
un manteau usé d'hivers
jamais finis,
une bouteille de chevet,
un cahier ouvert et des cigarettes,
mouillés,
mots noyés presque
illisibles,
un verre cassé dans une poubelle
renversée.

Il disait être venu là
pour se rappeler
et écrire.
Pas pour mourir




dimanche 9 octobre 2011

VISSOTSKI





Vladimir
on peut pleurer
tout ce qu'on veut

mais on
peut pas
baiser
sur ta musique

salut quand même




jeudi 6 octobre 2011

ÊTRE DIEU




Le temps d'un virage
vouloir être Dieu
est un sport extrême

ton visage flotte au loin


comme le soleil est gris
au-dessus du vide



Jean Coulombe (c) 2011


mercredi 5 octobre 2011

MONSIEUR CARTON





J'ai croisé Monsieur Carton
l'autre jour
derrière le restaurant

vidant le conteneur
avec ses yeux de braise éteinte
trop
pour brûler du carton

avec son truck en carton
sous un ciel de carton
dans le matin en carton

Monsieur Carton avalait tout le carton
sans en être
tout le carton qu'il faut à un homme
pour arriver à se fondre
dans Monsieur Carton
et se trouver un dernier lift
en carton