mercredi 30 novembre 2011

ÉTREINTE DES JOURS





Dans l'étreinte des jours
le breaker du coeur a sauté

les heures se brisent
l'éternité s'absente
ailleurs n'est plus ailleurs
à la fin.

Rêves consommés la télé du cerveau
restée ouverte
les lèvres se referment
sur les yeux qui mordent.

Le temps des blessures
enfermé dans une peau d'hiver
la lumière fendue l'oeil à coudre
entre désir et délire

une plaie dans l'image du corps.



Denis Samson (c) 2011


samedi 26 novembre 2011

DÉFERLANTE





La douceur des tempêtes
a dressé pour toi son mur

ne la chasse pas

ne le contourne pas

sache prendre son souffle
comme une caresse infinie

il t'avalera sans te broyer

sous son cruel déferlement
il te libérera vers la lumière


Jean Coulombe (c) 2011


mardi 22 novembre 2011

SÈVES




Le vieux verger
fleurit seul en hiver
figé en ses branches

tapi dans ses sèves
il murmure sa folie

le vieil oiseau
lisse ses plumes
résigné et digne

silencieux
il attend l'aube


Jean Coulombe (c) 2011


mercredi 16 novembre 2011

HAPPY HOURS





Les «Heures Joyeuses» terminées
on baisse l'éclairage
et le soir tombe partout

tu parles tu seul
dans ton coin
personne t'écoute
mais tout le monde te regarde

triple scotch
la soirée vire en sloche
ben raide
et tu rentres chez toi
dans l'odeur de ton renfermé
et tu continues à l'aimer
et toutes les soirées se ressemblent

boire jusqu'au cul
à même la bouteille
en te pourléchant la bibine
avant de sombrer.

Une belle crucifixion.

Je voudrais pas être à ta place!


Denis Samson (c) 2011


vendredi 11 novembre 2011

FRAGMENTS

À Michel Pleau...




Le soleil entre dans la cambrure de l'automne

comme un souvenir oublié près de la fenêtre

sa chaleur patiente frôle les fruits mûrs

abandonnés sur la table du temps.



Jean Coulombe (c) 2011


mardi 8 novembre 2011

SEUL





Je t'ai trouvé bien seul
dans cette ruelle sale

cela m'a rappelé
que ce n'est pas toujours
la vie qui gagne

et j'ai continué mon chemin
en songeant aux frimas d'automne
au soleil jouant dans les arbres

mais la tristesse avait creusé
furtivement son trou


Jean Coulombe (c) 2011



lundi 7 novembre 2011

AU FOYER




Le matin le «foyer» s'éveille
comme une douleur.

Chaises vides à la salle à manger
il y a ceux qui sont partis
durant la nuit, parfois...
Et il y a ceux qui restent.

Entre les deux,
il y a celles et ceux
qui savent plus faire la différence
dont la mémoire s'invente des histoires
aussitôt oubliées.

Le seul espoir est qu'elles soient drôles.

C'est tout ce qu'il reste.




dimanche 6 novembre 2011

UN KIK COLA CHEZ MARIE-LAURE (1973)






Fais attention
aux jambes de grand-maman
sous la table




mercredi 2 novembre 2011

SHOWBIZ

... à Jean Coulombe



Dans le show d'insipide réalité des
laboratoires sociaux
des démocraties corporatives,
à la loterie des infections,
les mascottes d'épidémies
ont des suggestions pour les familles.

Voici venir la maladie, les investisseurs
et le spectacle,

la branche économique de la douleur,

la cosmétique indifférence
des belles momies tendance
et des idoles au coeur d'argile.

À l'apogée des rêves d'acier
nos ascenseurs se brisent
comme du verre
sur les cieux étanches.

Il y a des squelettes d'anges
dans les squats célestes,
des lits défaits par des bombes,
des soleils en trop
qu'on enfouit sous la terre

des feux partis profond
à l'intérieur

des forêts jamais éteintes...