dimanche 25 novembre 2012

INCENDIE AU CAMPING DE LA JOIE




















Il regardait les nouvelles
quand le téléphone a sonné

elle a dit
je veux
un petit berceau
pour mes paroles

il a posé
le combiné
délicatement
dans un soulier
sur la table

et la nuit
s'est poursuivie
pour tous


Alain Larose (c) 2012


vendredi 23 novembre 2012

CORPS ÉTRANGER


























Regards indélébiles
jetés sur toi
le monde te regarde
drôlement

tu dis c'est pas une vie de naître
avec quelque chose qui déconne
quelque chose qui va pas
dans ta tête
c'est pas une tête de vivre
quand personne te ressemble
même pas toutes ces personnes
qui ressemblent à personne

l'heure d'une autre injection
dans les fesses du coeur
ils disent
ta peine tu peux t'asseoir dessus
on te le dira
quand tu pourras avoir de la peine

les heures à vif
la langue se dénoue
comme un corps étranger
se glisse à l'intérieur
des enveloppes du cerveau
pratiquant des fouilles
parmi les mots
et plus profond encore se glisse
dans les mots

mots qui flottent
ondoient
objets sans désir
artefacts de l'amour.

Tu dis que tu crois que je comprends.


Denis Samson (c) 2012


mardi 20 novembre 2012

LE JEU DES OMBRES





















Les gens sont comme les ombres
ils plongent dans leur nuit
sans laisser mémoire
autre que mirages
soubresauts d'insomnie
et pincements d'âme

les gens sont leur ombre.


Jean Coulombe (c) 2012


dimanche 11 novembre 2012

L'ÉTAT DE GRÂCE

... à Francine




















Au carrefour des ombres se déploient
les escaliers du crépuscule

dans l'eau des reflets
le jour colle encore aux fenêtres

soumis à la géométrie du regard
les rossignols des faubourgs du ciel
se frottent aux rondeurs planétaires
du couchant

main dans la main
traversant les parois des lueurs
nous pénétrons dans la nuit.


Denis Samson (c) 2012


jeudi 8 novembre 2012

CE QUE DIRE VAUT




















Le cirque humain
tourne dans ma nuit

je refais le chemin
le sentier de l'enfance
à craindre les ombres

la parole s'emballe
dans ma tête étoilée

j'irai à la forêt des livres
boire à la lune folle

la rugosité du temps
blesse mes chansons

celles que je ne chanterai
jamais sans frissonner

car ma voix tremble
comme novembre

elle sait ce que dire vaut


Jean Coulombe (c) 2012


jeudi 1 novembre 2012

NOVEMBRE (poésie sans paroles)





Improvisations au piano: Vincent Gagnon
Vidéo: Jean Coulombe

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